Salta la linda

On continue la route jusqu’à Salta et pas question de dormir dans le bus car les paysages qui nous entourent sont magnifiques, un avant goût de la cordillère des Andes…

En arrivant on découvre une ville très vivante, les rues sont remplies comme à Buenos Aires mais c’est plus typique, moins grand. Les villes en Argentine c’est principalement des grandes places, des cathédrales (à chaque coin de rue) et des bars, ici ils sont bien servis ! On va rester quelques jours pour se poser un peu.

On vous a déjà parlé de la viande dont on se fait des ventrées au moins une fois par jour, des fameux vins argentins… mais je crois qu’on a pas encore évoqué le Dulce de Leche. C’est une institution ici, imaginez le lait concentré qu’on buvait au tube quand on était petit mélangé au caramel des sunday mais tout ça en plus léger et plus onctueux un peu comme la texture du nutella… Ils en mettent partout, dans les croissants, les pâtisseries ou juste sur un bon morceau de pain, pas la peine de vous dire qu’on se délecte de ce délice à longueur de journée !

Dans le genre institution, il y a aussi le fameux maté, sorte d’infusion aux herbes que l’on boit dans une tasse spéciale avec une paille en argent ou en or dans les endroits chics. On en trouve pas souvent aux bars mais dans les auberges, les argentins nous le font souvent tourner, c’est une tradition, ça nettoie après les charges caloriques qu’on ingurgite ici.

Aujourd’hui il ne fait très beau, on se remet de notre soirée d’hier, assis à une terrasse de café on se détend en profitant de l’ambiance animée sur la place.

Plusieurs enfants passent pour faire la manche, certains ont à peine 3 ou 4ans, la misère est très présente ici, impossible de faire comme si de rien était mais impossible de donner à tout le monde. C’est la 1ere fois qu’on est autant perturbés, ça nous fend le cœur, un petit garçon, tout barbouillé, de l’âge de mon filleul s’accroupit devant nous en nous suppliant,  déconcertés on fouille dans le sac on retrouve les petites voitures du garage et on lui donne avec quelques pièces mais ça ne change rien, des dizaines d’autres passent après lui.

Même si on connait déjà notre chance on se remet d’autant plus en question face à cette détresse humaine. On a déjà était confronté à la pauvreté en Malaisie et en Thailande, mais parfois pauvreté rime avec simplicité et même si les gens vivent sans « notre confort » on a l’impression qu’ils sont heureux (bien plus que nombreux européens) qu’ils profitent mieux des choses, de la nature, de la danse, de la fête et qu’ils partagent beaucoup plus.

Mais ici c’est dur, les enfants qui mendient sont très jeunes et on sent vraiment la différence entre ceux qui s’en sortent et ceux qui sont laissés pour compte, on voit des papy de 80 ans ou plus qui travaillent dans les rues de 7h du matin à tard dans la nuit pour distribuer des tracks ou vendre des broutilles. Ce qui nous touche aussi c’est la générosité des Argentins qui donnent de l’argent à presque tous les mendiants.

Face à cette dure réalité, on a tous les jours des moments de tristesse et de culpabilité (on est des touristes en vacance, la belle vie pendant que d’autres vivent la misère) mais on ne peut pas changer le monde, on aura juste encore plus de reconnaissance face à l’endroit et les conditions dans lesquelles nous sommes nées…

On dit souvent « il y a bien pire » quand on va mal dans la vie, cette phrase aura maintenant pour nous une vraie profondeur et une réalité vécue.

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5 réflexions sur “Salta la linda

  1. Ptit coup de spleen en vous lisant.
    C’est dans les plus beaux pays que les contrastes sont les plus saisissants.
    Mais n’est-ce pas justement ces grands contrastes qui font la beauté de ces lieux, même si l’on aimerait tant qu’il en soit autrement….?
    Bises à tous les 2, Audrey se joint à moi

  2. on sent que vous avez ete bcp touchés… mais rapelle toi ma belle c’etait aussi le + du voyage, se rentre compte de la chance qu’on a car on a souvent tendance à l’oublier. Vous en ressortirez encore plus murs et plus fort… t’inquiete quand on sera riche on enverra plein de sous là bas je te promet !. je t’aime ma cousine, gros gros bisous

  3. Beh tu vois de te lire ca me remonte le moral….
    Bizarre non? Depuis hier je rale car la maison est trop petite…ce qui ’emmerde le plus c’est que je ne sais pas ou mettre toutes mes chaussures!!!attend c’est trop important ca!
    Honte a moi oui….
    Quand j’ai lu le mail je me suis dis das ma tete « mais quelle conne que tu es!! »
    Merci pour ce mail en fait, ca remet les choses en place.
    Je comprends que ca doit etre dur de voir toute cette misère…
    Des bisous mes poulets

  4. Je vous retrouve bien là avec un grand coeur !
    Cela a dû vous être pénible, mais vous avez su gérer la situation comme il le fallait (encore +), en lisant les lignes d’ana, j’ai été émue, je suis très fière de vous. Se sont des expériences qui marquent à jamais et qui font apprécier encore + ce que nous avons et ce qui nous entoure. Je vous aime fort maman/agnès.

  5. ola companeros,
    je suis ravi et fier que vous vous trouviez dans mon continent
    comme vous le dites si bien c’est un des plus beaux endroit du monde avec son histoire et sa culture et bien sur sa pauvreté, mais c’est aussi sa force parce qu’ici en Amérique Latine sa véritable richesse c’est l’amour des gens et leur générosité.
    meme si c’est le plus pauvre continent du monde les gens ont la valeur des choses, du travail, des amis de la famille et de leur terre.

    Je suis heureux que vous deux vous puissiez voir toute ses merveilles a travers tous les pays que vous visitez, de voir toute leur beauté et richesse mais aussi de voir que ce n’est pas non plus dans les plus beaux et riches pays que l’on fait les meilleurs rencontre ou le meilleur voyage ou encore que l’on rencontre de vrai personne, non je pense pas .
    je suis issue de cet univers là, pauvre mais si riche de coeur, j’ai appris le partage et la générosité. maintenant tu sais pourquoi Nico je donne toujours tout et n’importe quoi, parce qu’il ne faut pas etre trop matérialiste ou trop gourmand, comme on dit « on n’emporte rien au paradis ». il faut savoir partager ça.
    Merci mes potos de nous faire partager ce quotidien, les photos sont si belles tellement représentative de tout.
    Hé!!! le Dulché de leche je m’en souvient j’adorais ça…
    Ici on pense fort a vous et continuez comme ça vous DECHIREZ!!!!!!!!!
    C’est le continent de tout les extremes

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